Les premières plaintes contre le millionnaire remontent à 1996. Pourtant, entre sa première condamnation en 2008 et son arrestation à l’été 2019, il n’a jamais eu de démêlés avec la justice.
L’image était d’une force bouleversante. Dos tourné, la procureure générale des États-Unis, Pam Bondi, a refusé de jeter un simple regard aux six victimes de Jeffrey Epstein présentes dans la salle lors de son audition à la Chambre des représentants, le mercredi 11 février. À la demande de la démocrate Pramila Jayapal, élue de l’État de Washington, les victimes se sont levées. « Levez la main si vous n’avez toujours pas pu rencontrer le ministère de la Justice », leur a demandé Mme Jayapal. Toutes les six l’ont fait. Mme Bondi a refusé de s’excuser, est restée silencieuse, a légèrement secoué la tête et a repris ses attaques contre chaque élu qui la critiquait.
À plusieurs reprises, la procureure générale a esquivé les critiques en évoquant son prédécesseur, Merrick Garland, faisant remarquer qu’il n’avait jamais été interrogé dans cette même enceinte, sous la présidence de Joe Biden, au sujet de l’affaire Epstein. Le républicain Thomas Massie, du Kentucky, infatigable défenseur des victimes, l’a de nouveau interpellée sur ses responsabilités. « C’est bien plus grave que le Watergate. Cela s’étend sur quatre administrations. Inutile de remonter jusqu’à Biden. Revenons à Obama. Revenons à George Bush. Cette dissimulation dure depuis des décennies, et vous en êtes responsable.
